Autotest

Les CeGIDD, c'est (bientôt) maintenant !

 

La loi de financement de la sécurité sociale de 2015 prévoie pour le 1er janvier 2016 la fusion des CDAG (Centres de Dépistage Anonyme et Gratuit) et des CIDDIST (Centres d'Information, de Dépistage et de Diagnostic des Infections Sexuellement Transmissibles) en une seule structure : le CeGIDD (Centre Gratuit d'Information, de Dépistage et de Diagnostic).

Ce sera ce modèle unique sur tout le territoire (300 centres en France).

Le CeGIDD propose bien sûr le dépistage des IST et du VIH, mais aussi, et c'est une première ! une approche globale de la santé sexuelle (information, prévention des dysfonctions relationnelles et sexuelles, prévention des violences de genre...) avec des médecins, des infirmières, des assistants sociaux, des psychologues, des coordinateurs et le sexothérapeute !

Voilà enfin le terme de "sexologue" entré dans un dispositif de santé !

Le CeGIDD vient renforcer les dispositifs existants, Centres de Planification, Orthogénie, Centre de Planification et Éducation Familiale (CPEF).

Des actions seront proposées "hors les murs" - dépistage pour les personnes éloignées du centre de soins.

Le sexothérapeute sera dédié à l'accompagnement des personnes et des couples souffrant de difficultés d'ordre physiologiques, psychologiques qui impactent leur vie relationnelle et intime, en prenant en compte la personne dans sa globalité : parcours de soin, vie socio-professionnelle, familiale, érotique et sexuelle... Il diagnostique, conseille, assure le suivi et oriente tout en maintenant le lien avec son patient.

Le CeGIDD est effectif à Toulon, à l'hôpital Sainte-Musse, au sein du centre d'infectiologie du Docteur Lafeuillade.

Je vais avoir la chance de participer à ce dispositif et de mettre à profit mon expérience et ma volonté d'inscrire la santé sexuelle comme incontournable dans le parcours de soins.

Sandra GUIADEUR

Savoir Santé Sexualité

Autotests de dépistage de l’infection par le VIH

Les CDAG, Centres de dépistages anonymes et gratuits sont ouverts à tous, ils existent depuis 1986 dans chaque département de France, ces tests sont sûrs.

Depuis, l'on s'est rendu compte que des personnes n'avaient jamais accès au dépistage pour mille raisons, n'étaient pas touchées par les campagnes de prévention et étaient donc innaccessibles...

Dépister tôt c'est permettre aux personnes contaminées une prise en charge plus efficace contre le virus du SIDA, c'est un accompagnement et des conseils de non sur infection et de non contamination du ou des partenaires.

Les TRODS et maintenant Auto-tests permettent à une personne de réaliser seule un test de dépistage (à toujours faire vérifier par un CDAG) et aussi à des professionnels de proposer du dépistage « hors les murs » : milieux festifs, prostitution...

L'idée est de « faire baisser la charge virale d'une population » : ainsi plus tôt dépisté, plus tôt pris en charge et meilleure réponse des traitements face au virus...

Les auto-tests renforcent le dispositif et c'est tant mieux, des réserves quand même face à des personnes fragiles, isolées face à un résultat positif...

Bientôt les CeGIDD verront le jour (janvier 2016), ils permettront des dépistages, des conseils en santé sexuelle, toujours le même objectif de se rapprocher des populations à risques et de les accompagner.

 

Pour consulter ou télécharger le document de la « Haute Autorité de Santé », cliquez sur le lien ci-dessous :

Autotests de dépistage de l’infection par le VIH.pdf

 

Fiche pratique : transmission VIH et fellation non protégée

Fiche pratique : transmission VIH et fellation non protégée

Visualisez ou téléchargez le document sur « http://www.infectiologie-toulon.fr/ » en cliquant sur le lien ci-dessous :

Microsoft Word - Fiche pratique 2.docx  - Fiche pratique2.pdf

Traitement d'urgence contre le VIH-SIDA

Traitement d'urgence contre le VIH-SIDA

Visualisez ou téléchargez ce document sur « http://www.infectiologie-toulon.fr/ » en cliquant sur le lien ci-dessous :

AEV CHITS 03.15.pdf

Prise en charge médicale des personnes vivant avec le VIH

Prise en charge médicale des personnes vivant avec le VIH

Visualisez ou téléchargez ce document sur « http://www.sante.gouv.fr/ » en cliquant sur le lien ci-dessous :

Microsoft Word - experts-vih_actualisations2014 - experts-vih_actualisations2014.pdf

VIH SIDA

J'ai 43 ans quand j'écris ce texte, je suis maintenant une professionnelle de la santé sexuelle et je voudrais témoigner pour les plus jeunes de ce qu'a représenté l'arrivée brutale de cette infection dans nos sociétés, nos vies, nos cœurs… Je renvoie d'ores et déjà le lecteur au livre témoignage important de Didier Lestrade et de Gilles Pialloux : « SIDA 2.0 regards croisés sur 30 ans d'une épidémie ».

Cette épidémie est arrivée brutalement, c'était comme une guerre invisible, on ne comprenait pas ce qui se passait, on ne savait rien d'elle ni comment s'en protéger, pourquoi de jeunes hommes mourraient, pourquoi des usagers de drogue par intraveineuses, pourquoi plus d'Haïtiens... Puis des femmes aussi...

Les antis libertés qui se sont emparés de cette nouvelle pour accuser les homosexuels, les racistes pour dire que c'était la faute de l'Autre, toute une presse s'est déchainée à l'époque !

En attendant les analyses des uns et des autres, les personnes mourraient... vite…

J'étais dans ma chambre de fac lorsque j'ai entendu à la radio l'annonce du décès du chanteur des « Queen », Freddy Mercury, et même si c'était en 1991 et que le monde avait déjà perdu trop de connus et d'inconnus, cet épisode renferme symboliquement la fin d'une époque où la sexualité pouvait être vécue sans se poser de questions.

Ma génération a été la première à devoir penser préservatif avant l'envie, infection avant désir, mort en lieu et place de la vie et ce n'était pas simple...

Cette génération a dû penser en même temps que déjà repenser la relation à l'autre, la sexualité, la protection et pour ma part je lisais tout sur l'infection devenue une pandémie tant son impact sur nos consciences a été majeur et déterminant pour notre futur d'hommes et de femmes.

Le SIDA c'est une génération qui a su aussi s'organiser, c'est un mouvement associatif incroyable qui a mis le patient, expert de sa pathologie, au centre de toutes les décisions, un monde associatif militant et provoquant qui a su influencer et se faire entendre pour que la réponse médicale arrive, arrive enfin...

La remise du prix Nobel a constitué à ce titre la reconnaissance officielle du rôle majeur joué par l'Institut Pasteur, notamment en la personne de Luc Montagnier et de Françoise Barré-Sinoussi dans la co-découverte du virus de l'immuno-déficience humaine.

Où en sommes-nous maintenant ? Les multi thérapies arrivées en 1996 vont pouvoir, malgré de lourds effets secondaires, permettre aux personnes de vivre ! De contrôler leur charge virale et de commencer (pour ceux qui la supportent bien) à faire à nouveau des projets. La transmission de la mère à l'enfant n'est plus une fatalité (dans les pays qui ont accès pleinement aux traitements et à une bonne prise en charge).

Dans mes interventions, j'ai remarqué qu'aujourd'hui, le SIDA ne fait plus peur, et c'est tant mieux, par contre il est inquiétant de constater qu'il y a beaucoup moins de moyens dédies à des actions de sensibilisations, ce qui fait que nous n'en parlons plus (ou moins), que donc les personnes pensent que ce n'est plus si important que cela, on croit (à tort) que cette infection n'est plus un problème... et l'utilisation du préservatif n'est plus systématique... et l'infection revient… et les contaminations reprennent...

50 000 personnes qui vivraient avec le virus sans le savoir en France !

Pour finir soulignons toujours, qu'ici comme ailleurs, les personnes contaminées continuent à souffrir autant de la discrimination, de l'homophobie et de l'ignorance de ceux qui les rejettent, que de l'infection elle-même. Cette difficulté ne s'est pas envolée avec les progrès des traitements.

Être séropositif ne se dit pas encore partout ni à tout le monde de peur du rejet et de la stigmatisation et, ici comme ailleurs, tous nos efforts doivent lutter contre ces violences, mais aussi contre les inégalités d'accès aux soins et la précarité de ceux qui doivent conjuguer traitements et survie.

Ne lâchons rien, l'épidémie est toujours là : homo, hétéro, bi et dans le monde entier !

Sandra GUIADEUR

Savoir Santé Sexualité