échec thérapeutique sous antirétroviraux

Traitement antirétroviral

Le Ministère des Affaires sociales, de la Santé et des Droits des femmes publie les préconisations en matière de traitement antirétroviral pour améliorer la prise en charge des patients qui ont contracté le SIDA ou une hépatite.

« Depuis les précédentes recommandations du groupe d’experts sur la prise en charge thérapeutique des personnes infectées par le VIH en 2006, des études de cohortes ont apporté des informations nouvelles sur le moment optimal pour débuter un traitement antirétroviral ; de nouveaux médicaments et de nouvelles associations fixes de deux INTI ont été commercialisés, de nouveaux schémas thérapeutiques à la fois plus simples et mieux tolérés ont été validés. Les recommandations actuelles tiennent compte de ces éléments nouveaux et ont pour objectif de répondre aux questions suivantes :

– quels sont les objectifs du traitement antirétroviral ?

– quand débuter un premier traitement antirétroviral ?

– quelles associations d’antirétroviraux devraient être utilisées préférentiellement en première intention ?

– quelles associations d’antirétroviraux ne doivent pas être prescrites en première intention ?

– pourquoi et comment modifier un premier traitement antirétroviral ?

– comment prévenir et gérer un échec thérapeutique sous antirétroviraux ?

Les situations particulières (VIH-2, grossesse, primo-infection…) sont abordées dans les chapitres correspondants. »

Vous pouvez consulter et télécharger ce document de 29 pages en cliquant sur le lien ci-dessous :

05_Traitement_anti_retroviral.pdf

VIH SIDA

J'ai 43 ans quand j'écris ce texte, je suis maintenant une professionnelle de la santé sexuelle et je voudrais témoigner pour les plus jeunes de ce qu'a représenté l'arrivée brutale de cette infection dans nos sociétés, nos vies, nos cœurs… Je renvoie d'ores et déjà le lecteur au livre témoignage important de Didier Lestrade et de Gilles Pialloux : « SIDA 2.0 regards croisés sur 30 ans d'une épidémie ».

Cette épidémie est arrivée brutalement, c'était comme une guerre invisible, on ne comprenait pas ce qui se passait, on ne savait rien d'elle ni comment s'en protéger, pourquoi de jeunes hommes mourraient, pourquoi des usagers de drogue par intraveineuses, pourquoi plus d'Haïtiens... Puis des femmes aussi...

Les antis libertés qui se sont emparés de cette nouvelle pour accuser les homosexuels, les racistes pour dire que c'était la faute de l'Autre, toute une presse s'est déchainée à l'époque !

En attendant les analyses des uns et des autres, les personnes mourraient... vite…

J'étais dans ma chambre de fac lorsque j'ai entendu à la radio l'annonce du décès du chanteur des « Queen », Freddy Mercury, et même si c'était en 1991 et que le monde avait déjà perdu trop de connus et d'inconnus, cet épisode renferme symboliquement la fin d'une époque où la sexualité pouvait être vécue sans se poser de questions.

Ma génération a été la première à devoir penser préservatif avant l'envie, infection avant désir, mort en lieu et place de la vie et ce n'était pas simple...

Cette génération a dû penser en même temps que déjà repenser la relation à l'autre, la sexualité, la protection et pour ma part je lisais tout sur l'infection devenue une pandémie tant son impact sur nos consciences a été majeur et déterminant pour notre futur d'hommes et de femmes.

Le SIDA c'est une génération qui a su aussi s'organiser, c'est un mouvement associatif incroyable qui a mis le patient, expert de sa pathologie, au centre de toutes les décisions, un monde associatif militant et provoquant qui a su influencer et se faire entendre pour que la réponse médicale arrive, arrive enfin...

La remise du prix Nobel a constitué à ce titre la reconnaissance officielle du rôle majeur joué par l'Institut Pasteur, notamment en la personne de Luc Montagnier et de Françoise Barré-Sinoussi dans la co-découverte du virus de l'immuno-déficience humaine.

Où en sommes-nous maintenant ? Les multi thérapies arrivées en 1996 vont pouvoir, malgré de lourds effets secondaires, permettre aux personnes de vivre ! De contrôler leur charge virale et de commencer (pour ceux qui la supportent bien) à faire à nouveau des projets. La transmission de la mère à l'enfant n'est plus une fatalité (dans les pays qui ont accès pleinement aux traitements et à une bonne prise en charge).

Dans mes interventions, j'ai remarqué qu'aujourd'hui, le SIDA ne fait plus peur, et c'est tant mieux, par contre il est inquiétant de constater qu'il y a beaucoup moins de moyens dédies à des actions de sensibilisations, ce qui fait que nous n'en parlons plus (ou moins), que donc les personnes pensent que ce n'est plus si important que cela, on croit (à tort) que cette infection n'est plus un problème... et l'utilisation du préservatif n'est plus systématique... et l'infection revient… et les contaminations reprennent...

50 000 personnes qui vivraient avec le virus sans le savoir en France !

Pour finir soulignons toujours, qu'ici comme ailleurs, les personnes contaminées continuent à souffrir autant de la discrimination, de l'homophobie et de l'ignorance de ceux qui les rejettent, que de l'infection elle-même. Cette difficulté ne s'est pas envolée avec les progrès des traitements.

Être séropositif ne se dit pas encore partout ni à tout le monde de peur du rejet et de la stigmatisation et, ici comme ailleurs, tous nos efforts doivent lutter contre ces violences, mais aussi contre les inégalités d'accès aux soins et la précarité de ceux qui doivent conjuguer traitements et survie.

Ne lâchons rien, l'épidémie est toujours là : homo, hétéro, bi et dans le monde entier !

Sandra GUIADEUR

Savoir Santé Sexualité