Transidentité

La dysphorie de genre, une émission de Mathieu Vidard sur France Inter

Se sentir fille dans un corps de garçon, ou l’inverse comme s’il y avait eu une erreur de genre à la naissance.

Pour la majorité, l’identité de genre correspond au sexe anatomique. En réalité l’identité de genre ne se définit pas en se référant à l’anatomie d’une personne. On parle de dysphorie de genre pour désigner ceux qui se sentent appartenir au genre opposé à leur sexe biologique. Entre rejet familial et errance médicale, le parcours des jeunes transgenres est souvent compliqué. Mais grâce à un accompagnement médical adapté, ces jeunes peuvent entamer dès 12 ans leur transition...

Dysphorie

Les transgenres © Getty / Nick Dolding

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Définition DSM IV du transsexualisme

Extrait de cours de "Audery GORIN", psychiatre hôpital Sanite-Marguerite, Marseille :

 

IDENTITE SEXUELLE  /  IDENTITE DE GENRE

 

Produit d’une identification, comment l’on se perçoit, perception de son propre statut masculin ou féminin.

L’orientation sexuelle de la personne souffrant de trouble de l’identité peut varier de la même façon qu’en population générale.

Le genre est enseigné depuis 2011 pour lutter contre l’homophobie et la transphobie et pour présenter les troubles de façon moins traumatisante.

 

LE GENRE EST CONSTRUCTION SOCIALE

Il y a différents cadres de lecture.

PAS D’HORMONES NI DE CHIRURGIE AVANT 18 ANS !

La transsexualité n’a rien à voir avec la sexualité c’est une question d’identité : par rapport au sexe biologique des homos bi et hétéro comme en population générale.

 

DEFINITION TRANSSEXUALISME O.M.S

  • Désir de vivre et d’être accepté en tant que personne appartenant au sexe opposé
  • S’accompagne habituellement d’un sentiment de malaise et d’inadaptation envers son propre sexe anatomique
  • Souhaite subir une intervention chirurgicale ou un traitement hormonal afin de rendre son corps aussi conforme que possible au sexe désiré.
  • Identité de type transsexuelle doit avoir été au moins présente d’une manière persistante pendant au moins 2 ans, ne pas être un autre symptôme (schizophrénie), ne pas être associée à une autre anomalie.
  • ATTENTION aux attentes irréalistes et aux réassignations qui se passent mal (opération Thaïlande)
  • ATTENTION « she male » pas transsexualisme (veulent des hormones mais pas d’opération ! très prisé dans la prostitution !)
  • Les hormones seules sont une demande fréquente !

Réglette : 0…………………………………………….10 (trans)

Entre les 2 tout un continuum

Pour des hommes biologiques qui ont un vécu au féminin c’est du travestisme pas transsexualisme

 

DSM IV

  1. Identification intense et persistante à l’autre sexe
  2. Sentiment persistant d’inconfort par rapport à son sexe et sentiment d’inadéquation par rapport à l’identité de genre correspondante (gender role)
  3. L’affection n’est pas concomitante d’une affection responsable d’un phénotype hermaphrodite
  4. Affection à l’origine d’une souffrance cliniquement significative ou d’une altération du fonctionnement social, professionnel et dans d’autres domaines importants
  5. Attention aux schizophrénies en demande de réassignation !

Transidentité

« Le sexe c'est ce que l'on voit, le genre ce que l'on ressent »

Il m'a fallu du temps dans ma pratique pour apprendre et comprendre ce que la transidentité avait à me dire, et ce qu'elle avait à me dire dans un premier temps c'était déjà d'interroger mon propre rapport au corps, à ma sexualité, à ma féminité (qui me paraissait évidente, depuis toujours), d'interroger aussi mon hétérosexualité (que non plus je n'avais jamais questionnée), mon rapport à l'autre, comment je me comportait, jusqu'aux pratiques sexuelles, à ce que je pouvais ressentir ou vivre de ma vie et pourquoi c'était comme ça et pas autrement ...

Les multiples discussions que j'ai eues avec des personnes en questionnement identitaire ont été très riches de ce point de vue : aller là où nous ne sommes jamais allés, non pour déconstruire systématiquement comme le croient ceux qui ont paniqué dès que le mot 'genre' est prononcé, mais simplement, curieusement, savoir ! Le plus beau voyage selon moi étant toujours celui vers soi-même...

Pourquoi je me sens femme ? Pourquoi j'aime à me tartiner le corps d'huiles qui sentent bons ? Quelques hommes aussi et pas des homosexuels... Pourquoi je suis girly jusque dans ses caricatures parfois, ou à excès pour le moins, quand d'autres femmes s'aiment au naturel et dans des tenues unisexes ?

Les personnes transidentitaires ou en attente de réassignation n'ont pas choisi ce qu'elles vivent et la souffrance que constitue cette particularité ne peut pas nous laisser indifférents.

J'ai eu la chance de ressentir mon genre en accord avec mon sexe de naissance, ce qui n'est pas le cas de tout le monde... Les réponses sont très différentes d'un pays à un autre, d'une civilisation à une autre, d'un temps à un autre...

En tant que professionnels du champ de la santé sexuelle, nous devons écouter ces souffrances d'identité (et non de sexualité car même si il peut y avoir aussi des problèmes sexuels ce n'est pas l'origine du trouble), accompagner et proposer une réponse à la fois thérapeutique et savoir orienter vers une prise en charge pluridisciplinaire auprès d'équipes médico chirurgicales formées et référencées.

C'est déjà aussi ne pas ignorer, ne pas rester sans savoir, sans réponse : lire, se renseigner, se former, rencontrer, écouter.

Dernier point la transidentité ne relève pas d'une pathologie psychiatrique et ne disparait donc pas avec une psychanalyse !

D'autres solutions et un autre regard sont encore à apporter et à maintenir.